Ça fait maintenant six ans que je côtoie des voitures électriques.
Location longue durée, essais, compromis, bricolages du quotidien. Bref : suffisamment de recul pour éviter l’effet « wahou » du premier plein… enfin, de la première recharge.
Si je devais faire un tier list des électriques que j’ai conduites jusque-là :
en haut, sans hésiter, la Hyundai Kona.
Juste derrière, la MG4, très honnête pour son prix.
Et tout au fond, désolé pour les nostalgiques, le Combi Volkswagen électrique. Le mythe, oui. L’usage, beaucoup moins.
Après toutes ces années, avec ma compagne, on savait qu’on finirait par y passer.
Mais pas n’importe comment.
Parce qu’une voiture électrique, spoiler : ce n’est pas automatiquement écologique.
C’est un objet industriel lourd, énergivore à produire, et bourré de compromis qu’on préfère souvent ne pas regarder.
Du coup, on a creusé. Vraiment.
Et notre choix s’est arrêté sur une Renault Zoé R135.
Pourquoi celle-là ?
D’abord parce que c’est l’un des rares modèles dont le moteur n’utilise pas de terres rares. Rien que ça, aujourd’hui, c’est presque un acte militant.
Ensuite parce qu’elle est fabriquée en France, ce qui ne règle pas tout, mais évite au moins de faire trois fois le tour du globe avant d’arriver chez nous.
Alors oui, le modèle qu’on a choisi n’a pas la charge rapide.
Mais ce n’est pas un problème : notre usage, c’est surtout des trajets autour de chez nous, en moyenne montagne. Pas des Paris-Marseille toutes les semaines.
Et là où tout change, c’est la recharge à domicile.
On a un chargeur domestique, réglable entre 6 et 16 ampères.
Et ce détail, sur le papier un peu chiant, fait une vraie différence dans la vraie vie. On adapte à l’installation, au réseau, au moment. Bref : on recharge intelligemment, pas en mode bourrin.
Sauf que… évidemment… rien ne s’est passé comme prévu.
Au début, impossible de lancer la charge.
La Zoé refusait. Net. Sans discussion.
La Renault 5 électrique (testée auparavant) rechargeait sans broncher.
Mais la Zoé, elle, faisait la diva.
Après quelques investigations, et un passage en revue de ma propre installation électrique, le diagnostic est tombé : la mise à la terre.
En location, c’est le propriétaire qui a fait venir un électricien.
Un électricien qui, au passage, ne me croyait pas.
J’ai dû insister pour qu’il fasse une mesure de la terre.
Résultat ?
« Ah bah oui… c’est sûrement la terre. »
Merci Jamy.
Une fois ce point réglé, plus aucun souci.
La Zoé recharge. Calmement. Sagement. Comme si de rien n’était.
Mais alors, concrètement, ça donne quoi une voiture électrique en moyenne montagne ?
Je sais ce que vous vous dites :
« L’autonomie doit être éclatée. »
Eh bien… pas vraiment.
En plein hiver, avec le froid qui pique et les routes qui montent, on tourne autour de 360 km d’autonomie réelle.
Oui, les montées consomment. Les écrans de la Zoé sont d’ailleurs plutôt transparents là-dessus, ce qui est appréciable.
Mais les descentes…
La régénération fait vraiment le boulot. Et on le voit, littéralement, kilomètres après kilomètres.
Côté conduite, la Zoé est agréable.
Ce n’est pas la plus nerveuse, ni la plus fun. Mais pour les trajets quotidiens, c’est confortable, silencieux, reposant. On conduit sans lutter.
Est-ce que c’est la voiture parfaite ? Non.
Est-ce que c’est un bon compromis, réfléchi, cohérent avec notre usage et nos valeurs ? Clairement oui.
Après, je vous dis ça après trois semaines seulement.
On verra dans six mois, dans un an, avec l’usure, l’hiver prochain, les habitudes qui s’installent.
Bref : à suivre.
Il y aura sûrement un update. Et probablement deux ou trois désillusions aussi.
Mais pour l’instant, la Zoé tient la route. Littéralement.
